L’excision, une pratique contraire aux droits humains
L’excision est une forme de mutilation génitale féminine (MGF) qui consiste généralement en l’ablation partielle ou totale du clitoris et, dans certains cas, des petites lèvres et des grandes lèvres. Cette intervention, qui n’a aucun but thérapeutique, est pratiquée dans un cadre rituel ou traditionnel et constitue une atteinte grave à l’intégrité physique et à la dignité des filles et des femmes.
Selon l’UNICEF, au niveau mondial, plus de 230 millions de filles et de femmes ont subi une forme de MGF, dont l’excision représente le type le plus courant. L’Afrique est le continent le plus touché par ce fléau. On estime qu’environ 144 millions de filles et de femmes y ont subi des MGF. Dans certains pays, la prévalence est extrêmement élevée : près de 98 % des femmes en Somalie, 95 % en Guinée ou encore 94 % à Djibouti. Des progrès notables ont toutefois été observés sur les dernières décennies dans certaines zones, avec une baisse du taux de MGF chez les plus jeunes, notamment en Sierra Leone ou au Kenya.
Une étude de Santé Publique France estime qu’environ 125 000 femmes adultes vivant en France avaient subi une MGF au début des années 2010, la plupart opérées dans leur pays d’origine. En région Sud, cela concerne environ 3000 femmes.
L’excision est évidemment strictement interdite en France. Toute personne la pratiquant peut être poursuivie pénalement, et des mesures de prévention et d’accompagnement sont mises en œuvre par les autorités sanitaires et sociales. Par ailleurs, des unités de soins pluridisciplinaires et des programmes de formation pour les professionnels ont été développés afin d’améliorer la prise en charge des femmes concernées et de prévenir la transmission de ces pratiques.
GAMS Sud, 20 ans de combat contre l'excision
Créée en 2006 et présidée par Bintou Souané, l'association GAMS Sud mène un travail indispensable sur tout notre territoire. Affiliée à la Fédération du Groupement pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles, elle agit autour de quatre piliers :
- Informer : Des permanences dans les hôpitaux (Conception, Saint Joseph, Hôpital Nord) et les centres de planification pour alerter sur les risques et la loi française (environ 200 personnes touchées/an),
- Accompagner : Des ateliers pour briser l'isolement des femmes victimes et aider à leur reconstruction,
- Prévenir : Une médiation de proximité pour aborder les conflits de valeurs entre traditions et lois républicaines,
- Former : La sensibilisation des futurs professionnels de santé et du social (300 personnes formées/an).
Ce 6 février, à l'occasion de la 19e Journée mondiale de lutte contre les mutilations génitales féminines, GAMS Sud et la Région Sud ont organisé une matinée d'échanges et de rencontres, avec notamment la diffusion du film "La fille aux Bêlêkris" de Fatima Touré et un état des lieux de l'excision en France par le Dr Cohen Solal. Temps forts de la journée : l'annonce du lancement d'une expérimentation de prévention destinée aux lycéens dans des établissements volontaires (Vitrolles, Port-de-Bouc, Martigues, Marignane, Marseille) et une minute de silence sur le parvis de l'Hôtel de Région.
La Région Sud agit pour les droits des femmes
Depuis 2021, la lutte contre les violences faites aux femmes a été érigée en grande cause régionale. Un plan ambitieux a été mis en oeuvre par la Région pour accompagner les femmes autour d'un triptyque Prévention – Protection – Reconstruction.
- Entre 2022 et 2024, la Région a engagé 8,3 millions d’euros pour soutenir les femmes victimes de violences,
- Ce budget a permis notamment la création de 11 Maisons Régionales des Femmes, des actions de sensibilisation et de prévention ou encore des dispositifs de protection innovants (bracelet anti-rapprochement, téléphones Grave Danger, boutons d'alerte connectés),
- Un partenariat renforcé a été mis en place avec la justice pour protéger 38 000 victimes, dont 13 000 victimes de violences intrafamiliales et 3000 victimes d'infractions sexuelles, avec l'accompagnement d'associations agréées par le ministère de la Justice,
- La Région soutient les associations engagées dans la lutte contre les violences comme l’association GAMS SUD.

