C’est à la fin du gros souper, composé principalement de poissons, que les Provençaux se rendaient à la messe de minuit. La descente des bergers, mêlée aux chants provençaux, donnait alors vie aux célèbres pastorales. De retour à la maison, toute la famille se réunissait autour des 13 desserts. Une tradition qui perdure encore aujourd’hui !
Un voyage dans le temps
La mention de nombreux desserts servis à Noël apparaît dès 1683 dans les écrits du père François Marchetti, curé de Marseille. À cette époque, proposer une abondance de douceurs symbolisait la prospérité et la générosité des familles. En revanche, la référence précise aux 13 desserts n’apparaît qu’au début du XXᵉ siècle.
Le chiffre 13 fait alors écho aux 12 apôtres réunis autour de Jésus lors de la Cène. Cette tradition met avant tout en avant le partage, valeur essentielle de la période de Noël. Les desserts sont traditionnellement disposés sur une table recouverte de trois nappes blanches, accompagnées de trois bougies, symboles de la Sainte Trinité.
Les 13 desserts étaient traditionnellement dégustés après la messe de minuit. Attention : la tradition veut que l’on goûte à chacun d’eux ! Un petit conseil : découpez de petites portions et partagez-les avec vos voisins, c’est meilleur pour la convivialité… et pour être surs d'arriver au bout !
Quels sont les 13 desserts de Noël ?
La liste varie selon les régions et les habitudes familiales. Il n’existe pas de version unique et figée, mais un socle commun demeure :
Les incontournables
La pompe à huile : entre le pain et la brioche, elle est réalisée à base d’huile d’olive, de fleur d’oranger, de cassonade et de farine. Elle symbolise la rupture du pain. Traditionnellement, elle est offerte par le Pistachier, personnage typique de la crèche provençale.
Les mendiants : quatre fruits secs : amandes, figues sèches, noisettes ou noix et raisins secs, représentant les ordres monastiques.
Le nougat : généralement décliné en trois versions :
- blanc, symbole du bien,
- noir, symbole du mal,
- et rouge.
Le nougat blanc est souvent garni de noisettes, le noir de miel et d’amandes, et le rouge de pistaches et d’arômes de rose.
Les dattes : elles symbolisent les présents offerts par les Rois mages venus d’Orient.
Nous arrivons ainsi à neuf desserts, composant le socle traditionnel.
Les variantes régionales
Selon les goûts et les territoires, les éléments suivants peuvent varier. En Provence, nous complétons généralement avec :
Les calissons, spécialité provençale à base d’amandes et d’écorces d’oranges confites, recouverts d’un glaçage. Ils peuvent être remplacés par de la pâte de coing, des pâtes de fruits ou des papillotes.
Des fruits de saison : oranges, clémentines, pommes, poires ou raisins tardifs.
Un fruit exotique, comme l’ananas ou la mangue, ou encore une pâte de coing.
Enfin, le treizième dessert est traditionnellement un melon d’eau, appelé verdaù, qui se conserve plusieurs jours.
Mais au-delà des mets, l’essentiel de ces fêtes reste le plaisir de partager ce repas de Noël entourés de nos proches, en famille ou entre amis. Nous vous souhaitons un joyeux Noël et… un très bon appétit !
